Ma médiatrice, ma sensible

Souvent quand je regarde ma fille, ses réactions, son comportement…je me demande de qui elle tient. Elle a son caractère bien à elle, sa personnalité qui ne ressemble à aucune autre. Et parfois je vois son père ou je me vois moi petite. La semaine dernière, une histoire à l’école, un petit garçon violent depuis le début de l’année, des lunettes cassées, un rendez-vous avec l’école pour m’entendre dire que ma fille a un comportement exemplaire. Elle a juste un rôle de médiatrice dans cette histoire, un rôle qui fait que c’est elle qui prend parce qu’elle est gentille, parce qu’elle essaie d’arranger les choses, parce qu’elle est entre deux.

empathique

Médiatrice de mère en fille

Et là des souvenirs lointains me reviennent. J’ai souvent été la médiatrice. La petite fille qui veut toujours voir le positif dans chaque personne. La personne entre deux groupes, celle qui essaie de tempérer les choses, les comportements pour ne pas faire de la peine aux gens. Je suis assez empathique et il m’en fait beaucoup pour détester quelqu’un. Souvent j’arrive à voir le positif chez quelqu’un de pas vraiment sympa, de lui trouver des circonstances atténuantes, de vouloir arranger les choses pour que tout aille bien d’un côté comme de l’autre. Parce que je refuse de me dire que certaines personnes sont méchantes ou bizarres sans raison, cela cache toujours quelque chose, un mal être, un passé…J’aurai dû être psy je crois ! Je ne supporte pas la violence et la méchanceté gratuite. J’ai parfois l’impression de ressentir les émotions bien plus fortes que certains. Je suis bon public et peut avoir des fous rire pour rien ou à l’inverse pleurer si je vois quelqu’un pleurer.

Ma grande sensible

Je ne rentrerai pas dans les détails de l’histoire de ma fille mais c’est une grande sensible, empathique comme on dit. Elle essaie de défendre quelqu’un mais finalement c’est elle qui prend. Elle est partagée entre deux groupes mais n’a pas assez de poids, d’influence ou de confiance, est trop petite pour agir sur l’un comme sur l’autre. Les gosses sont méchants entre eux et certains trop petits pour gérer leurs émotions. Alors cela la blesse et bien sûr ça me blesse aussi de la savoir dans ce rôle. Ce qui me rassure c’est que les maitresses l’ont bien cernée et m’ont dit qu’elle avait un comportement exemplaire et était une petite fille profondément gentille. Elles m’ont expliqué toute l’histoire, les comportements de chacun, le rôle de ma fille et j’ai eu envie de pleurer de la savoir affronter tout ça si petite.

En ce moment ce n’est pas facile à la maison, cela ne l’a d’ailleurs pas été tous les jours cette année. Parfois je mettais ça sur le dos de la petite sœur, des changements…Mais mon premier bébé grandit, tout se développe, ses sentiments, ses histoires…Et souvent elle relâche tout le soir, vous avez entendu parler de la fameuse figure d’attachement… J’espère juste qu’elle arrivera à se détacher et se protéger et s’endurcir comme je l’ai fait. En attendant je vais essayer de faire mon maximum pour qu’elle me parle et me raconte tout pour l’aider au mieux. C’est ma plus grande crainte, ne pas arriver à maintenir la communication entre nous. Mais je veux lui apprendre qu’on peut rester sensible en étant forte ! Ne pas se laisser influencer ou laisser marcher dessus, tout en étant là pour ceux qui en ont besoin.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *